Sarkozy, le gâcheur
Par P B le dimanche 20 avril 2008, 20:21 - Lien permanent
[ Précision : je ne partage pas l'opinion de l'auteur de cet article sur les impératifs budgétaires ]
Rue89 - Jean Matouk | Economiste - Les économies budgétaires sont une contrainte absolue. Mais pourquoi chaque mesure proposée suscite-t-elle des réactions systématiquement hostiles, des retours en arrière, des "couacs" gouvernementaux? Le responsable de ces ratés, c’est Nicolas Sarkozy, qui a gâché les chances de la France de redresser son Budget.
Aucun économiste sérieux ne peut contester les objectifs budgétaires fixés par Nicolas Sarkozy, notamment dans son discours récent de Béziers. Quoiqu’en disent certains opposants systématiques, la dette publique est un fardeau que l’on ne peut laisser croître. Que d’autres pays soient plus endettés que nous (Belgique, Italie, Japon) ne saurait constituer une raison valable pour rester inertes. Accumuler, depuis trente ans, les déficits budgétaires, qui ont été à l’origine de cette dette, n’est pas plus responsable et doit cesser. Pour ce faire il n’y a qu’une alternative: réduire les dépenses de l’Etat ou augmenter les impôts. Les deux solution peuvent être cumulées.
Avec 71 fonctionnaires, toutes catégories confondues, pour mille habitants, la France se situe parmi les pays les plus fonctionnarisés (Allemagne, Espagne, Italie en ont 45-50 pour mille). Avec 39 fonctionnaires centraux pour 1000 habitants, elle est en tête de tous les pays de l’OCDE. Il est donc légitime de poser le problème du nombre de fonctionnaires et d’en envisager la réduction.
Leur proposer des "voies de sorties" vers d’autres activités, ou de leur affecter une part des économies réalisées, sous forme de hausse de salaires, est donc pertinent. Constater que le nombre d’élèves du secondaire diminue globalement et que, donc, des postes d’enseignants peuvent y être supprimés, n’est pas non plus illégitime. Ensuite peuvent venir les autres débats droite/gauche classique sur l’assurance maladie, les retraites, les allocations familiales.
Mais les économies budgétaires sont une contrainte absolue. Alors pourquoi chaque mesure proposée dans ce sens suscite-t-elle des réactions systématiquement hostiles, des retours en arrière, des "couacs" gouvernementaux à répétition? On ne peut, comme l’affirment certains députés, évoquer seulement un défaut d’explications. Celles-ci ont été données. Le responsable de ces ratés, c’est Nicolas Sarkozy lui-même. Il a pour l’instant gravement gâché les chances de la France de redresser son Budget, par des erreurs économiques, politiques et symboliques.
Le gaspillage de milliards d'euros, l'erreur économique
L’erreur économique, c’est évidemment le gaspillage -car il n’y pas d’autre mot- en juillet, de 10 milliards d'euros pour 2008 et de 15 milliards en année pleine, pour des objectifs illégitimes ou absurdes. Illégitime d’abaisser encore des droits de succession qui étaient déjà très bas dans notre pays. La mesure, présentée comme bénéficiant aux revenus moyens, ceux qui, précisément, déjà, payent peu de droits, ne bénéficie en fait qu’aux revenus élevés. Instituer le bouclier fiscal aussi.
Enfin, la détaxation des heures supplémentaires, en pleine période de ralentissement économique va coûter plus cher qu’elle ne rapportera, comme l’a démontré le président de la commission des Finances. Elle crée un effet d’aubaine, dans les entreprises ou les salariés effectuent déjà des heures supplémentaires, mais n’en suscitent aucune. Elle porte clairement la marque de gens qui ne connaissent rien à l’entreprise. Ajoutons à cela que le gouvernement avec plus de 45 ministres (Espagne 16) ne donne vraiment pas l’exemple des économies, sans parler de diverses autres dépenses fastueuses.
Un président proche des riches et des Américains, la double erreur politique
Erreur politique de politique intérieure et extérieure ensuite! A l’intérieur, c’est le versant politique de l’erreur économique. Le "ba-ba" d’une bonne politique consistait, à faire "passer" la pilule amère des économies par des objectifs de réduction des inégalités.
En vingt ans la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises a baissé de 9%; les 10% les plus riches possèdent 46% de fortune nationale; les 50% les plus pauvres, moins de 7%. Or le Président est apparu, au contraire, comme plus proche que jamais des plus riches, s’efforçant de partager le plus possible leur mode de vie.
Quant à la politique internationale, que Nicolas Sarkozy le veuille ou non, les français sont, vis-à-vis des Etats-Unis, plutôt souverainistes. Ils avaient massivement adhéré à la posture de Jacques Chirac en 2003, quand les Américains avaient envahi l’Irak. On dit souvent qu’ils se désintéressent des questions internationales, et l’on trouvera moult sondages où ils mettent le pouvoir d‘achat et l’emploi largement devant. Mais, quand même, le virage pro-américain affiché par le nouveau Président n’a pas été fait pour lui rallier les populations. Il est vrai que nos officiers supérieurs aiment travailler dans l’Otan (position normale de techniciens; De Gaulle disait d’ailleurs drôlement que leurs femmes aimaient l’Otan pour les soirées où elles pouvaient exhiber leurs robes!) Mais la politique extérieure de la France ne se fait pas au QG des troupes au sol ou à la passerelle des porte-avions.
Désacraliser la fonction pour faire post-moderne, l'erreur symbolique
Erreur symbolique, enfin! Si Nicolas Sarkozy a annoncé la mort de mai 1968, il en est le parfait produit. A la modernité qui faisait marcher la France auparavant, a succédé la post-modernité, faite de refus de l’autorité et du projet, de l’individualisme, et du rejet du collectif imposé, au profit du "tout à l’égo". Trop de gens se sont extasiés devant l’affichage de cette liberté dans la vie privée du Président; trop de journalistes ont rejeté comme ringard, l’importance de la symbolique du pouvoir, l’importance de ne pas mélanger les deux "corps du roi". Malheureusement, les Français ne sont pas vraiment post-modernes. Pour rester dans ce paradigme, et emprunter la terminologie du sociologue, Gilles Lipovetsky, ils sont plutôt hyper-modernes, contents de leurs libertés, heureux de consommer, mais très craintifs devant l’avenir. Ils avaient donc besoin d’un "guide" qui garde un rien de sacralité. Non seulement les premiers mois de Nicolas Sarkozy ont été en sens contraire, mais, ensuite, alerté par les sondages, fondement de la post-modernité en politique, il a laissé annoncer qu’il allait "faire président". Ce qui pousse d’évidence Martin ou Durant à lui demander ce qu’il "faisait" jusqu’à présent!
Pour ces trois raisons, et sans doute quelques autres, ce président qui voulait tout faire a plutôt gâché sa présidence et les chances d’entreprendre en France les indispensables réformes financières.

Commentaires
Un résumé assez faible des énormités sarkoziennes, il faut dire.
De plus l'allégation de "l'hyper-modernisme",par la thèse Lipovetskienne - les français seraient heureux de consommer et individualistes à mort - n'engageait que le petit penseur pailleté qui se prend pour Foucault, en plus petit avec des bretelles, et ne tient pas la route, pour qui fréquente un peu les classes populaires. Donc, erreur de reprendre ces conneries d'un penseur de cours et de cour de récré.
Les classes populaires NE SON PAS heureuses de consommer, car elle consomment le minimum - avec les salaires de merde que leur versent ceux qui touchent 15000€/h, comme Bernard Arnault - et sont donc très frustrées de ne pas pouvoir s'offrir un conso superflue.
Ce qui les dégoute de cette consommation qui est leur seul exsutoire à un travail devenu torture, à un avenir bouché, à une com devenu insoutenable, tant elle envahit tout dans un continuum discours politique-commentaires-slogans-films qui distord la réalité, sature les consciences, impose une ordre de pensée unique, bref écoeure et oppresse, au double sens du terme.
De plus, ce pensum rikiki est descendu en flammes par la première phrase, reprise plus loin...
"Les économies budgétaires sont une contrainte absolue."
NON, les contraintes financières ne sont pas une contrainte absolue.
D'abord parce qu'on on en a marre de voir des économistes parler comme sa Suffisance Balladur, qui se prend lui-même pour un guignol à particules.
Et que ça craint de voir un type encore resté au cliché pourri "Aucun économiste sérieux ne peut contester les objectifs budgétaires fixés par Nicolas Sarkozy, notamment dans son discours récent de Béziers".
Aucun économiste sérieux ne doit en rester au béni oui-oui, aucun économiste sérieux ne doit se prendre au sérieux, puisque ça science est si "molle" qu'elle est en très grande partie le goupillon de la nouvelle secte des ultra-libéraux à éliminer d'urgence, dans toutes les instances politiques de France, d'UE et d'ailleurs.
Surtout parce que si on met en place une taxe sur la spéculation - spéculation sur le pétrole qui fait monter le baril de 30%, ce qui ruine tout pour enrichir quelques salopards, y a beacoup moins de contraintes tout d'un coup.
Parce que si on taxe les profifs faramineux des multinationales, y a bcp moins de contraintes tout d'un coup.
Parce que si on fait reverser à l'Etat l'argent qu'il pique dans la Sécurité Sociale et donne à ceux qui le dirigent et sont déjà pétés de thunes - Sarkozy et députés -, et surtout aux boites qui n'embauchent pas mais prennent à fond les aides, balancent dehors à donf et font des profits records.
Parce qui on décide de monter un plan Energies Propres et Renouvelables, ça coutera 4 fois moins que, par exemple, un EPR et donnera huit fois plus d'emplois, sans parler de la tranquilité et de la pollution qui s'en va.
EPR pharaonique connerie d'un type qui laissera comme cadeau à son pays, d'avoir balancé ses milliards escroqués sur un compte japonais et construit une machine extrèmement dangereuse pour son caprice de petit connard qui a toujours vécu de l'Etat et a tout fait pour le ruiner, bon libéral compulsif qu'il est.
EPR, donc, qui coute un fric fou, qui n'est pas rentable en termes de production d'électricité (30% de rendement), qui risque de sauter tant les conditions sont difficiles, surtout en ce moment ou on paye les techniciens, les surveillants, les ingénieurs peanuts, et ou les grosses entreprises qui fabriquent la cocotte-minute lésinent sur la qualité supérieure des enceintes de confinement, des systèmes électroniques, tout ça pour faire du blé. Donc, nous avons, grace à l'irresponsable en petit chef, qui continue la Mega-connerie du marchand de pommles, une bombe potentielle qui est en train de voir le jour.
Grace à Chirac, aussi, naturellement, Chirac qui n'est tjs ps en taule.
Donc, EPR, pour des somlmes énormes - 3 à 400 milliards d''euros - qui combleraient DIX DETTES;
Et bien, les aides aux entreprises qui n'embauchent pas...
Donc, un économiste de plus qui cultive la rhétorique à la renverse, sans doute pour s'abuser lui-même d'abord, et ensuite lécher et garder sa place, beaucoup.
D'accord avec le commentaire ainsi que mon avertissement entre crochet qui précède l'article reproduit le laisse deviner. J'ai retenu ce billet pour ce qu'il laisse paraître du climat détérioré autour de l'Umpereur. Ce texte très contestable par certains aspects est un instantané parmi d'autres qui précèdent ou qui suivront... Les points contestables ne m'intéressent pas ici. Mais vous avez bien fait de les critiquer.