Souveraineté-Défense: la haute trahison de Nicolas Sarkozy
Par P B le mardi 29 avril 2008, 20:24 - Lien permanent
toutsaufsarkozy - Fait sans précédent dans l'histoire de toutes les Républiques, les six fédérations syndicales représentant le personnel civil de la Défense viennent d'adresser une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy président de la République, chef des Armées.
Dans ce document aux accents historiques, les six syndicats commencent par souligner qu'« un tiers des effectifs de personnels civils serait supprimé avec le triptyque RGPP (révision générale des politiques publiques), Livre Blanc (sur la fonction publique) et loi de programmation militaire ». Ils soulignent que les personnels civils du ministère de la Défense ont « déjà payé un lourd tribut aux restructurations permanentes, avec une réduction des effectifs de 50% en une quinzaine d'années ».
Puis les personnels de la Défense lancent une solennelle mise en garde à destination de l'ensemble des Français : « Les orientations et les choix qui se dessinent et qui pourraient être annoncés aux personnels et à l'opinion publique le 19 juin, aboutiraient à anéantir les capacités industrielles et de soutien d'une Défense Nationale qui n'en serait plus une ».
Plus terrible encore, les six syndicats expliquent que « la réforme de la carte militaire va contraindre la France à passer d'une démocratie républicaine possédant des valeurs fortes avec des fonctions régaliennes à un Etat dépendant trop souvent des lobbies industriels dont les secteurs sensibles peuvent passer sous dominance étrangère par le biais de fusions capitalistiques non maîtrisées ».
« Nous vous demandons solennellement, Monsieur le président de la République, de ne pas approuver de telles orientations et options destructrices de l'outil de défense de la France, aux conséquences sociales et économiques lourdes pour les salariés et les collectivités territoriales ».
COMMENTAIRE
Cette déclaration publique et solennelle est un fait historique. Pour la première fois dans l'Histoire, les personnels civils de la Défense (soutenus secrètement par un très grand nombre de personnels militaires mais qui sont dépourvus du droit syndical) prennent à témoin l'opinion publique pour expliquer que le président de la République est en train d' « anéantir notre Défense nationale » et notre « démocratie républicaine » pour les remplacer par un « Etat dépendant de lobbies industriels sous dominance étrangère ».
Si les mots ont un sens, cela signifie que les personnels du ministère de la Défense accusent tout bonnement, entre les lignes, le chef de l'Etat de se rendre coupable de haute trahison au profit d'intérêts étrangers.
Notes :
Notre article du 1er avril 2008:
La représentation nationale et l'Etat-Major doivent exiger de Sarkozy que soit mis un terme à notre participation à une guerre coloniale en Afghanistan.
Plus de deux Français sur trois « désapprouvent », la décision du "gouverneur" (celui qui dirige la France au nom de puissances et d'intérêts étrangers n'est pas un "président", mais un gouverneur, un collaborateur, un "gauleiter", un fondé de pouvoirs) Nicolas Sarkozy d'envoyer de nouvelles troupes en Afghanistan. Selon les résultats d'un sondage publié lundi 31 mars, 68% des Français sont contre l'envoi des renforts en Afghanistan. Seuls 15% sont pour cette décision de Nicolas Sarkozy et 17% se sont abstenus de se prononcer. Toujours selon ce sondage, 65% des Français sont d'avis que les Etats-Unis et leurs alliés se sont trompés en déclenchant la guerre en Afghanistan.
Or, Sarkozy a annoncé la semaine dernière, depuis Londres (rien à voir avec l'appel à la résistance du 18 juin, là il s'agit d'un appel à la soumission) que si la stratégie proposée par la France, intitulée « Le soutien à la paix » était approuvée au Sommet de l'Otan à Bucarest (2-4 avril), Paris enverrait des renforts en Afghanistan: environ 1300 hommes (1000 "troupiers" chair à canon et 300 "spécialistes" des forces dites spéciales).
Il est clair que sa décision, prise en contradiction avec ses engagements de campagne, d'envoyer en Afghanistan de nouvelles troupes françaises bafoue, une fois de plus notre Constitution. Et dans les autres pays dits démocratiques, aucune opération de ce type ne pourrait être envisagée sans un vote préalable du Parlement. Il est vrai que Chirac et le "socialiste" Jospin n'avaient rien demandé à personne en 2001. Il s'agit pourtant bien d'une guerre d'agression contre l'Afghanistan, d'une guerre coloniale, pas d'une "opération de police"...Alors que les Talibans avaient pratiquement éradiqué la culture du pavot, l'arrivée des Américains et de leur homme de paille Hamin Karzaï a permis de relancer comme jamais la culture de l'opium. La famille Karzaï se maintient à la tête d'un narco-Etat grâce à la protection de l'OTAN qui couvre par ailleurs la dilapidation de l'aide internationale. Sur les 15 milliards versés à ce jour pour la reconstruction d'un pays préalablement ruiné par l'agression américaine, 5 milliards se sont volatilisés dans les circuits de la corruption et 40% du solde retourne aux donateurs par le biais des rémunérations allouées aux "consultants", sous-traitants et expatriés. Le but des Américains, et des compagnies pétrolières, est de vérouiller le plus longtemps possible l'Afghanistan au nez des Russes et des Chinois. C'est ce "système", indéfendable, et contraire aux intérêts d'une "Europe européenne" que défendent les malheureux soldats français envoyés comme chair à canon par Sarkozy!
Pour seule raison à l'intervention des troupes françaises, Sarkozy n'évoque, en écho à son mentor George Bush, que la nécessité pour la France de ne pas rester à l'écart de la croisade contre "le terrorisme et Al Quaïda". Il ment, bien sûr, encore et toujours. Comme tous les Français de bon sens aujourd'hui, il sait que Ben Laden et Al Qaïda sont des "marques déposées" de la CIA. Et que le terrorisme, lorsqu'il n'est pas le fait, précisément, d'agents américains ou israéliens, n'est que le résultat normal et juste des politiques coloniales des Etats-Unis et d'Israël. En se faisant le complice et le supplétif de l'empire Usraélien, Sarkozy fait de la France et des Français des cibles d'un terrorisme sciemment provoqué.
Même au prix du sang, comme Bush le 11 septembre, Sarkozy entend manipuler l'opinion publique pour lui faire accepter un changement radical de la stratégie et de la politique étrangère de notre pays.
Nicolas Sarkozy veut créer une sorte de nouvel Atlantisme, un "triumvirat de l'Occident", bras armé de la mondialisation, sans l'Allemagne, et naturellement sans la Russie qui devraient pourtant être nos alliés naturels dans le cadre d'une "Europe européenne" (tout le contraire de "l'Europe bruxelloise")...
C'est pourquoi il entend que la France réintègre rapidement le commandement militaire de l'Otan - l'année prochaine sans doute au moment du 60ème anniversaire de l'organisation atlantique.
Pour atteindre ce sinistre objectif à marche forcée, Sarkozy doit accroître la participation des forces françaises en Afghanistan, en nombre et dans les zones de combats effectifs, et soutenir fermement l'élargissement de l'Otan. Ce sont là les buts de guerre des Américains pour museler fermement l'Europe ad vitam aeternam.
Tout sera vu et décidé sous cet angle. Si les Français le laissent faire...
En effet, le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des Armées françaises, n’a pas mâché ses mots sur le danger que représenterait l’envoi de troupes françaises supplémentaires en Afghanistan.
« Comme je le répète depuis un moment », a-t-il déclaré, « l’Afghanistan devient un merdier ingérable. Et nous n’avons aucun intérêt à nous y impliquer davantage. »
Consciemment, pour les plus intelligents, ou inconsciemments, les chefs d'Etat-Major des Armées ont compris quelles étaient les véritables motivations du gouverneur Sarkozy.
En voulant envoyer 1300 "morts-vivants" de plus aux Américains en Afghanistan, Sarkozy confirme qu'il entend privatiser et miniaturiser une armée au service exclusif de l'empire Usraélien.
Les militaires savent désormais qu'avec un budget qui n'atteint plus 2% du PIB et les incroyables pertes d'équipements, d'effectifs et de bases métropolitaines que cela implique, notre Défense entre avec Sarkozy dans une récession mortelle.
En matière de Défense, rare domaine où il pense pouvoir agir impunément, le gouverneur Sarkozy signe là pratiquement l'arrêt de mort de nos armées, après celui de notre politique étrangère. A partir du moment où celle-ci est devenue, dès son arrivée, un simple appendice, plus ou moins bruyant, du département d'Etat américain, la nécessité antérieure de conserver une politique de Défense en rapport avec une puissance encore maîtresse de son destin ne s'impose plus et le handicap budgétaire qu'elle constituait peut être levé.
Les militaires français accepteront-ils sans broncher la mise à la casse, et au pas, de notre outil de Défense? Le proche avenir le dira. Car dans ce secteur aussi la résistance s'organise. Il appartient désormais aux officiers supérieurs de nos armées de mettre en garde solennellement l'ensemble des parlementaires, députés et sénateurs, des conséquences inévitables de la politique de Nicolas Sarkozy dans le cas où l'on permettrait à celle-ci de se poursuivre.
*Ancien directeur de la revue "Stratégie & Défense" et ancien adjoint du délégué national à la Défense du RPR, en d'autres temps...
michel.loti@yahoo.fr

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