[ Le locataire de l'Elysée vient d'annoncer à Londres l'envoi de troupes françaises supplémentaires en Afghanistan avant même de le faire savoir en France. Un signe de plus des orientations présidentielles qui avaient déjà fait scandale en septembre 2006 à l'occasion d'un voyage du ministre de l'Intérieur aux USA sur lequel il n'est pas inutile de revenir. ]

Liberation - Après de premières paroles aigres-douces pour justifier la présence de Nicolas Sarkozy aux «commémorations» du 11 Septembre, la virée américaine du ministre de l'Intérieur a bel et bien fini par provoquer la colère de Jacques Chirac. Le chef de l'Etat, qui s'envole en fin de matinée pour l'assemblée générale de l'ONU à New York, y a vu la confirmation de ce qu'il redoutait : s'il était amené à lui succéder, le président de l'UMP mettrait un terme à la spécificité française à l'égard des Etats-Unis, au profit d'une vision atlantiste. «Irresponsable», a lancé Chirac mardi à l'un de ses plus anciens collaborateurs, en lui expliquant le «danger pour la France» de la relation transatlantique que Sarkozy a affirmé à Washington vouloir «rebâtir».