Marianne2 - Par Jacques Gaillard, écrivain. L'omniprésent spectacle du Président ne fait que masquer les vrais questions. Qui aura le courage de recentrer le débat?


Depuis l'élection de Sarkozy, nous vivons dans l'aveuglement du premier plan. Haro sur les « régimes spéciaux » ? Cela nous empêche de voir qui sont les vrais privilégiés. On nous assomme avec des homélies sur les beautés de la religion ? Montée au front côté bigots, côté laïcs – et l'on ne parle plus de pouvoir d'achat. A Neuilly, cité de rentiers que personne ne songerait à ausculter pour prendre le pouls de la société française, quelques nains se disputent l'héritage du parvenu ? Gorges chaudes et roudoudous, mirlitons et joies féroces d'un Figaro « spécial Neu-neu », félonies et rastignaqueries, on en viendrait à oublier – et on l'oublie – que la « France d'en bas » est inquiète et fauchée, qu'on licencie partout (sauf à Neuilly : il est vrai qu'on n'y travaille guère) et que les vrais problèmes des villes normales s'appellent emploi, logement, transports et qualité de la vie. Bref, l'obscène, c'est cela même : mettre en avant ce que l'on devrait cacher, mamours, émois mystiques, combinazione, pour dissimuler la blessure, les maladies et, surtout, les agents toxiques.